Super retour de Yaguelle

06/07/2017

L'avis de Yaguelle


Voilà un thriller comme je les aime! 

Je m'en explique,

 

 Définition du mot " Charade "  

 

Énigme où l'on doit deviner un mot de plusieurs syllabes décomposé en parties formant elles-mêmes un mot, d'après la définition des parties et du tout. (La charade se présente ainsi : Mon premier est…, mon second est…, etc., et mon tout est…)

 


Laurent Loison nous offre ici une intrigue des plus approfondie qui soit!  L'ingéniosité de cet auteur est que son thriller ne se lit pas...non, il se visionne tellement le réalisme des scènes et du scénario en lui même est plus que crédible. 

Je vous plante le décor.

En effet, le commissaire Florent Bargamont, pointure reconnue du 36 quai des Orfèvres est missionné par sa hiérarchie pour stopper un prédateur de la pire espèce. Sur cette enquête très particulière, notre glacial commissaire fera équipe avec Emmanuelle, une criminologue fraîchement diplômée, mais qui se révélera d'un atout précieux et redoutable. 
Rapidement notre duo d’enquêteurs va se rendre compte que cet assassin est d'une efficacité perverse inouïe et d'un professionnalisme criminalistique (si j'ose dire ) implacable. 



Le style, les tonalités du texte et les personnages.


Le style est percutant d'originalité et de pragmatisme. L'écriture est mature et posée. Laurent compose intelligemment entre les différents types de tonalités. Le langage est authentique et caractéristique à chaque personnage. L'aspect criminalistique des descriptions des scènes est remarquablement creusé sans jamais rentrer dans l’excès de gore en restant fichtrement efficace. La victimologie est argumentée et psychologiquement étayée. Les ressentis sont multiples, vous passez de la colère au dégoût et de l’engouement à l'optimisme en une nanoseconde. 

Le dramatique et le tragique sont redoutablement concis, vous cherchez les dénominateurs communs de chaque meurtre et bien évidemment vous vous retrouvez sur une voie sans issue. Le tueur ne laisse aucun indice, aucune empreinte, il a toujours un coup d'avance. Votre encéphale surchauffe, les leurres sont à votre porte et Laurent Loison prend un malin plaisir à vous torturer les méninges. L'intrigue est brillantissime et exiguë, elle en deviendrait chimère tellement l’énigme est d'une complexité réfléchie. 
Le suspense et le rythme sont soutenus par des chapitres courts. Le drolatique et l'ironique sont traités par un phrasé et une narration d'une habilité sans faille. 
La phraséologie est accomplie et digne des meilleurs écrivains, en disant cela, je pense à Thilliez-Minier et Bussi. La lecture est lisse et intelligible. 

Les personnages sont perçus et retenus avec aisance. Vous canalisez les infos et les regroupez sans difficulté. La perversité et le machiavélisme du tueur font de lui un individu abject et dépourvu de moralité et d'empathie. Le commissaire Florent et sa comparse forment un duo sibyllin et implexe. Bargamont (Barga) est extrême et acide, a contrario, Emmanuelle est son exact contraire. Pourtant ces deux-là vont devoir cohabiter, cogiter et méditer pour résoudre cette charade et contrecarrer les plans sadiques et pernicieux de ce prédateur diabolique. 

Alors, en ce qui concerne le final.... C'est tout simplement génialissime!!! 
Je ne m'y attendais absolument pas... 


Bref, ce thriller est redoutablement addictif et si vous en doutez voici une citation de Friedrich Nietzsche comme entrée en matière;

 

"Quiconque lutte contre des monstres devrait prendre garde, dans le combat, à ne pas devenir monstre lui-même.

Et quand à celui qui scrute le fond de l'abysse, l'abysse le scrute à son tour" 

YAGUELLE

Tags:

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

À l'affiche

Mon avis :

Après l’excellentissime « Charade », Laurent Loison revient et tape toujours aussi fort avec son nouveau roman « Cyanure » ! Un coup de cœur...

Un bon livre à lire

22/09/2017

1/3
Please reload

Posts récents

22/09/2017

20/09/2017

18/09/2017

Please reload

Par tags
Please reload

Nous suivre
  • Facebook Classic
  • Twitter Classic
  • Google Classic